dimanche 13 janvier 2013

La liste de mes envies - Grégoire DELACOURT

Ce livre, si on ne me l'avais pas offert, je ne l'aurais jamais lu. 
Parce que je me tiens toujours bien loin de l'actualité littéraire, des livres qu'on met en vedette sur les gondoles avec des bandeaux "prix Renaudot, Goncourt et autres", qu'on estampille comme des cigares cubains, et qui sont sans doute de très bons livres mais qui me semble à moi n'être que des étincelles, des opérations commerciales.
Si je finis des fois par tomber dessus, dix ans plus tard, c'est parce que justement, ils ne sont plus marqués comme "fantastiquement bons et donc à lire absolument pour en causer dans les salons", qu'ils sont redevenus anonymes, et qu'alors si je les apprécie, ce n'est que pour les mots et le contenu et pas parce que je le dois!

Celui là, un ami me l'a offert pour Noël, parce qu'il savait que j'aime lire, qu'il n'y connais rien... et qu'il s'est gentiment fait guidé par la libraire à qui il a demandé conseil. Rien que ça, ça me donne envie de le lire ce bouquin, dont on parle partout pourtant!! Rien que pour l'effort fait pour moi!

Bon, revenons à nos moutons!

La liste de mes envies, c'est l'histoire de Jocelyne, mercière à Arras, la ville la plus morne et la plus grise du monde (je tiens a dire que ce n'est pas de moi, je suis du Nord aussi, alors, je ne juge pas!!).
Jocelyne a une vie tranquille, pas folichonne, mais tranquille et heureuse. Elle est mariée à Jocelyn (oui, ça s'invente pas!! Encore que moi j'ai bien une cousine Florence mariée à un Florent!) qui lui a fait 3 enfants, enfin deux, la petite dernière étant morte née. Il lui a d'ailleurs beaucoup reproché, Jocelyn, d'avoir tué ce bébé dans son corps, comme si elle était responsable. Elle avait cru mourir aussi, le perdre et puis finalement la vie a repris sont cours, et Jocelyne a retrouvé une sorte de petit bonheur tranquille, fait de beaux moments quotidiens.
Et puis, un jour, avec les coiffeuses de la boutique d'à côté, elle joue au loto, sans y penser, laissant la machine choisir les chiffres pour elle. Et puis elle oublie. 
Et soudain, la nouvelle tombe, le grand gagnant habite à Arras. 
C'est Jocelyne!
Mais ça personne ne le sais.
Elle même ne veut pas vraiment le savoir.
Et si tout cet argent bouleversait sa vie? cette vie minuscule, mais qu'elle aime profondément quand même!
Et si l'argent pourrissait tout?
Oui, elle pourrait enfin offrir la voiture, l'écran plat et les DVD de James Bond dont rêve Jocelyn, mais rien ne serait plus jamais pareil...
Alors, elle se tait.
Elle ne va pas déposer le chèque, pour ne rien perdre, pour conserver ce bonheur simple et pourtant précieux qu'elle a déjà, même avec un grille pain en fin de vie.
Elle sait que cet argent va lui pourrir la vie si elle en parle, elle le sent. Et pourtant, malgré toutes ses précautions, sa vie bascule, à cause de l'argent? ou parce qu'elle l'a tu?

Bien écrit, court, concis, je l'ai lu en une journée, parce que l'histoire de cette femme m'a touchée, particulièrement peut-être. Parce qu'on rêve tous, quelque part, de gagner au loto et de changer notre petite vie tranquille en quelque chose de plus grand et de plus excitant.
Les critiques parlent d'un livre léger, moi, j'ai trouvé ce livre triste, très triste même. Une tristesse latente, constante et belle, qui émeut, sans sensiblerie pourtant qui ne vous laisse pas dépressif et désespéré, mais plutôt heureux de votre sort. (En revanche, je conseille aussi d'avoir un ami, un amoureux, à prendre dans ses bras juste après, pour se raccrocher à quelque chose d'important, de concret et de fort et pour se dire, que notre vie, même pas toujours rose, n'est pas si triste.)
Même si ce n'est pas vraiment un coup de coeur, c'est un beau livre, délicat. Qui n'est pas qu'une opération marketing..... 
Il mérite son bandeau "coup de coeur de libraires"!!







mercredi 12 décembre 2012

Le magasin des suicides - JEAN TEULE

Petit livre qui ne paye pas de mine, tout mince, tout petit, il m'a sauté aux yeux à la librairie après avoir vu les affiches de l'adaptation cinématographique (film d'animation de Patrice Leconte, que je n'ai pas vu, mais qui m'avait intrigué!)
Voilà donc un petit concentré d'humour noir, qui raconte le quotidien d'une famille dans la mouvance de la famille Adams (en moins gothique), qui tient un magasin de farces et attrapes d'un genre spécial, puisque vous y trouverez tout ce dont vous pourriez avoir besoin pour vous réussir votre suicide. Depuis les cordes, pistolets, épées, ou les poisons, les insectes venimeux, au simple sac en plastique qu'on se referme autour de la tête avec du scotch (pour les fauchés!! le sac est à 0.25 franc, le scotch est offert!), en passant par des articles plus exotiques venant des cultures du monde entier, il y a tout dans ce petit magasin pour ne pas se louper, quelque soit la manière dont on ait envie d'en finir!!
"Vous avez raté votre vie ?
Avec nous, vous réussirez votre mort !"

Si vous n'êtes pas sensibles à l'humour noir, passez votre chemin, vous n'aimerez pas du tout du tout!
Dans mon grand cynisme, j'ai adoré les 100 premières pages qui m'ont fait beaucoup rire! Ensuite, je trouve que le bouquin se gâte, puisque la joie de vivre du petit dernier va petit à petit entrainer la famille à changer et à voir la vie en rose. Et là, j'avoue que moi, les voir devenir heureux et perdre ce ton noir tellement drôle m'a beaucoup moins amusé, et beaucoup moins plu!

Bref, ça se lit vite, c'est drôle, comme un bon sketch de Jérémy Ferrari, si vous êtes amateurs!
(Je vous conseil "interdite de crémation", il est génial!)

dimanche 19 août 2012

Les livres de l'été

Un mois de juillet assez naze et voilà que la chaleur nous surprend d'un coup, en traître, une semaine avant la reprise!! ça m'oblige à rester à l'intérieur, volets fermés! Bon, ça me permet aussi d'enfin me poser pour parler ici des livres de mon été, depuis celui que j'avais emporté en Chine (et qui n'a pas tenu les 15jours malgré son épaisseur), jusqu'à celui que j'ai fini cette semaine. Je passe sur les relectures que j'ai faîtes, puisque j'ai relu pas mal de choses dont je vous avais déjà parlé ici.

Voici le programme : 
Le livre perdu des sortilèges, de Deborah Harkness
Ce que savait le chat, de Martha Grimes
Le jeu de l'Ange, de Carlos Ruiz Zafon

Le livre perdu des sortilèges, de Deborah Harkness

Voilà mon compagnon de Chine, 840 pages, que j'ai dévoré en une semaine, pourtant assez intensive au demeurant. ça vous permet d'entrevoir à quel point il m'a plu!
L'histoire en deux mots : Diana Bishop est professeur à l'Université d'Oxford, spécialiste de la littérature alchimique ancienne et travaille à décrypter les traités alchimiques de façon scientifique. Jusqu'ici, tout ceci sens le Da Vinci code à plein nez, avec une version féminine du héros de Dan Brown.
Or cette chère Diana a tout de même une particularité, ses parents, ses tantes et par extension, elle même, étaient ou sont des sorciers et des sorcières. Rendant la sorcellerie responsable de la mort de ces parents, elle s'est détachée de cet héritage et refuse d'y avoir recours, sauf quand la machine à laver a inondé tout l'appartement, il y a tout de même des limites! 
Un jour, à la bibliothèque, elle demande à consulter un livre, L'Ashmole 782, écrit des siècles plus tôt par un obscur alchimiste. Le livre vibre, semble lui chatouiller les doigts, Diana prend peur, et comprend que le livre sent la magie à plein nez, et le repose fissa. 
Sauf, que cet emprunt insignifiant déclenche une tempête dans le monde des créatures, des sorcières, des vampires, des démons....
L'Ashmole 782 que tous pensaient perdu, contient, selon sa légende, la clé des origines des créatures. Tous le cherche depuis des siècles, personne n'a jamais réussi à l'avoir entre les mains, et voilà qu'une pseudo sorcière, qui renie ce talent de surcroit, l'obtient comme ça, en le demandant seulement à la bibliothèque. 
Diana, qui n'a pas la moindre conscience de ce qui vient de se passer, remarque néanmoins rapidement les nombreuses créatures qui "soudainement" se prennent d'envie de faire des recherches universitaires à la bibliothèque. Des démons, des sorcières et un ombrageux vampire, qui semble d'abord la suivre, puis la protéger contre cette menace latente et obscure.

Se déclenche alors une échappée où Diana doit se protéger de toutes les créatures qui la traque, alors qu'elle ne maitrise pas du tout sa magie, et Matthew Clermont, l'ombrageux vampire va l'y aider, en lui permettant non seulement de se cacher, mais aussi de développer son potentiel.

Autant vous dire tout de suite, j'ai aimé, mais je crois quand même que c'est un livre "pour filles", parce que l'histoire d'amour prend beaucoup de place, et si elle est élégante, et, j'avoue, assez envoutante, la gent masculine risque de la trouver bien trop importante par rapport à l'intrigue initiale. En revanche, pour celles (et ceux, sait-on jamais), qui cherchent à la fois un livre divertissant, mêlant intrique alchimico-fantastique et romance sorcièro-vampirique, vous trouverez là votre bonheur, surtout que c'est bien écrit, pas gnangnan, captivant. (Ah, si tous les hommes avaient les manières de M. Clermont, il n'y aurait plus aucun de célibataire!!)

Autant vous dire que la suite (L'école de la nuit), qui sort en septembre va atterrir sur ma chaise de chevet rapidement, probablement avant sa sortie en livre de poche!! (ok, mon côté greluche prend le dessus là, je veux savoir comment Matthew et Diana vont s'en sortir dans leur nouvelle aventure!!!)


Ce que savait le chat, de Martha Grimes

Une enquête de Richard Jury, qui doit être le héros policier de Martha Grimes, mais que j'ai découvert par cette aventure.
Honnêtement, je l'ai acheté parceque le titre m'a plu. Dès qu'il est question de chat, ma raison a rarement son mot à dire! *honte*
Voilà donc un policier dans la grande mouvance de ses enquêtes menées par un inspecteur (ou lieutenant, commissaire, détective, ... ça marche aussi) un peu sombre et torturé et qui pourrait très bien passé pour un épisode de série tv comme on (je) les aime. Il ne faut pas voir ça comme péjoratif, attention, mais plutôt que ça rebondit pas mal, ça dépote d'une certaine manière et les personnages que je ne connaissais pas, m'ont paru attachants, avoir une longue histoire entre eux (faudrait lire les enquêtes de Richard Jury dans l'ordre pour bien faire!) et entretenir des liens intéressants au fil des aventures. 
Dans Ce que savait le chat, une jeune femme rousse, sublime, habillée haute-couture et chaussée de Louboutin, est retrouvée morte, tuée par balle, devant un sombre pub d'une petite ville de la banlieue de Lourdes. Autant vous dire qu'elle fait étonnement tache dans le décor. Personne ne la re-connait, et l'enquête s'annonce difficile. Or, il s'avère qu'en y regardant de plus près, il s'agit de la jeune bibliothécaire de la ville, une jeune femme non seulement fade et brune habituellement, mais aussi on ne peut plus discrète, plutôt jean tee-shirt qu'escarpins de 12 cm de haut et robe à 5000 livres. La petite intello avait une double vie à Londres,  le week end, où elle se changeait en sublissime escort-girl. 
Quelques jours plus tard, une autre jeune femme, escort elle aussi, est retrouvée dans un quartier de Londres, dans les mêmes conditions que la première : talons hauts, robe haute-couture et balle de petit calibre dans la peau. 
Alors crimes passionnels ou tueur en série?  une version updatée de Jack l'Eventreur serait -il sorti de l'ombre? 
Mais où est donc le chat dans cette histoire me direz-vous?
Et bien,le chat du pub devant lequel la première jeune femme a été trouvée, a disparu la nuit du meurtre. Aurait-il vu quelque chose? Le tueur l'a t'il liquidé lui aussi? ou a t'il été enlevé comme le pense sa jeune propriétaire, à laquelle on a ramené un autre chat, noir, mais qui n'est pas le sien?

La grande originalité de ce livre vient justement du chat, auquel l'auteur consacre quelques chapitres,  et où il devient héros et parle, raconte, et évolue comme un personnage à part entière. Son amitié improbable avec un chient rigolo, est assez rafraichissante. 

Le jeu de l'Ange, de Carlos Ruiz Zafon

Après l'Ombre du Vent, du même auteur, qui m'avait plus, tant c'était bien écrit et haletant, je me suis donc plongée dans Le jeu de l'Ange, qui me semblait tout à fait de la même trempe. Le premier n'était pas toujours rose, limite tragique à certains moments, mais finissait relativement bien il me semble... (pardon, je lis toujours trop vite et d'une année sur l'autre je n'ai que des souvenir globaux, l'avantage c'est que je peux relire les livres qui m'ont plu et les redécouvrir avec plaisir!)

Donc, dans Le jeu de l'Ange, on retrouve la Barcelone agitée des années 20 par les yeux d'un jeune écrivain David Martin, fauché comme les blés, qui vit de petites piges dans un journal. Orphelin, passionné par les livres, ce qui lui a valu quelques coups de son père qui trouvait qu'il gaspillait son temps et l'argent dans cette fichue littérature, il est néanmoins sous la protection d'un riche écrivain Don Pedro, qui le guide et au journal et dans la vie.
Amoureux de la fille du chauffeur de Don Pedro, David a un jour l'opportunité d'écrire un feuilleton fantastique pour le journal (sous un faux nom), feuilleton qui rencontre un succès immédiat. Il devient la star de la ville, l'ennemi de tous ces collègues journalistes jaloux du succès de ce petit cloporte qui n'est jamais allée à l'école. Isabelle, la fille du chauffeur, trouve qu'il gâche son talent. 

Un jour, il rencontre un étrange personnage, très chic, costume 3 pièces et Rolls Royce, qui se présente comme un éditeur français, et qui lui propose, contre une fortune, d'écrire un livre comme il n'en a jamais existé, un livre pour lequel les gens seraient prêts à se battre et à mourir. 
David hésite, puis accepte, et s'enclenche alors un long processus de destruction de tout ce qui l'entoure, de tous ceux qui se mettent entre lui et l'écriture de ce livre. 
David enquête sur cet étrange éditeur, que personne ne connait, et qui, si les renseignements qu'il réussit tant bien que mal à réunir s’avéreraient exacts, serait mort depuis des années.....
Avant lui, d'autres auteurs se sont brulés les ailes sur ce livre, avant lui d'autres gens sont morts, sont devenus fous... 

Ce livre est très bien écrit, les mots coulent, fluides, et c'est un délice pour l'esprit. Carlos Ruiz Zafon est décidément un très très bon écrivain. En revanche, il est sombre, et encore une fois, et sans doute pire encore que la dernière fois, le roman est tragique, et plus on pense s'en sortir plus le sort s'acharne. J'ai refermé le livre avec un gout assez amer dans la bouche, et je crois que je ne relirais plus cet auteur. j'attends d'un livre qu'il me divertisse, pas qu'il me glace le sang.
Chacun ses gouts après tout!!

vendredi 20 juillet 2012

petit périple en Chine

Au programme, 15jours de voyage scolaire avec les étudiants, en Chine, autour de Pékin ! Une semaine de conférence, une semaine de visite, et un dépaysement impressionnant !

Nous sommes arrivés à Pékin dimanche, le matin, dans un aéroport assez désert. Puis nous avons attendus les derniers étudiants qui arrivaient via un vol plus tard dans la journée.
Première immersion… enfin presque. Immersion dans les clichés sur la Chine plutôt !
Des boutiques de thé, servis par des jolies filles en pyjama roses, salon de massage pour hommes d’affaires jet-lagués, et tout de  même, pour ne pas être dépaysé : Mac Do et KFC !

 La chaleur à notre arrivée était écrasante. Déjà, depuis l’avion, nous avions remarqué la ganse de chaleur, d’air dense et pollué qui enfermait la ville. C’était très palpable au sol également. Le soleil, pourtant  très fort
 à cette époque de l’année, n’arrive pas à percer ce dôme de pollution, et apparait pâle, lointain, un peu comme pendant une éclipse. Néanmoins, il chauffe, et je crois que je me permettre la comparaison avec l’effet de serre, ou même la cocotte minute !!
Heureusement, nous avons rapidement rallié notre bus (climatisé, un peu trop d’ailleurs) et la ville de Tianjin, dont l’université nous accueillait.
A Tianjin, qui est environ 150km à l’est de Pékin, on sent que l’air est un peu moins pollué, cependant, ça reste une « petite » ville de 14millions d’habitants….autant de voitures et de véhicules de  tout genre et de tout âge, avec un souci écologique proche de zéro… et encore.
Cependant, dès lundi, le ciel s’est découvert, et le bleu est apparut, rendant l’air plus chaud, mais moins pesant.
Notre première expérience « chinoise » fut notre premier diner, pris dans une arrière cour, chez un type qui fait des brochettes de choses sur un bout de métal changé en barbec pour l’occasion.
Outre le fait que voir débarquer 18 étrangers l’a surpris, il nous a immédiatement mis dans l’ambiance. A savoir que les chinois (du moins ceux que nous avons croisés) n’ont pas grand-chose à faire des politesses, et encore moins avec les étrangers (j'admets volontiers que la barrière de la langue n'aide pas). 

Nous avons aussi eu notre premier contact avec la nourriture, très très  épicée, très étrange et louche aussi… amateur de gastronomie, ne mangez pas « chez  l’habitant ».
Soupe de boules de poissons, brochettes de piment, et Dieu soit loué,  de poulet et d’aubergine !
Le repas le plus difficile reste le petit déjeuner, auquel j’ai renoncé rapidement ! La soupe de poisson, fraichement pêché dans l’aquarium qui orne la cafet, les œufs marrons (pas pourris mais mouillés au soja), c’est un peu trop dur pour moi…. Surtout l’odeur.
En fait, les chinois mangent très peu sucré, pas même au petit déj, et c’est là qu’une fois encore (comme en en Syrie), je  bénis la mondialisation qui a permis aux biscuits américains Oréo, d’arriver jusqu’ici !!

Passons sur les détails d’hygiène élémentaire (je vous conseille néanmoins de tester une fois dans votre vie, les toilettes publiques, qui restent une expériences inoubliable!!), en ce qui concerne et les sanitaires et la nourriture (encore une fois, je  refais le plein d’anticorps !). Nous nous amusons tout de même bien !

 Les gens ne paraissent pas trop pauvres, mais Tianjin est une ville assez aisée. Les filles sont poupettes, habillées en  dragées, avec dentelles et couleurs layette. Les garçons sont plus sobres, encore  que nous
avons remarqué plusieurs fois des couples habillées exactement de la même façon, comme pour marquer leur appartenance l’un à l’autre !
Sephora, H&M, Etam, Adidas, Nike sont passés par là !
Puis enfin, la deuxième semaine est arrivée, avec son programme de rêve : Palais d'été à Chengde (au Nord), Temples bouddhiques, Tombeaux des Empereurs Ming, Palais d'été à Pékin, Cité interdite....
Pour ça, je vous laisse en compagnie des images, qui parlent d'elles-même.



Ce qu'elles ne disent pas, c'est le monde qui visite chacun de ses monuments et qui malheureusement, les transforme vite en MickeyLand chinois, bruyant et kitsch... C'est dommage. Du coup, nous nous sommes dit qu'il faudrait revenir en hiver, au calme, pour profiter réellement de la célèbre sérénité des jardins chinois....
Le temps étant souvent grisâtre, j'ai fait beaucoup de photos en noir et blanc pour accentuer le côté brumeux qu'on retrouve sur les estampes... et l'avantage c'est que le noir et blanc atténue toutes les cochonneries modernes!!

C'est drôle de voir à quel point les occidentaux (donc nous) étions une attraction, à tel point qu'on nous a beaucoup pris en photo. Sois l'air de rien, en douce, soit carrément en nous demandant de poser avec eux... avec le bébé, et puis la grand mère...
"Yu are bioutiful, you look like Barbie and Ken"....... hum et je suis sensée  le prendre bien????? 
Les étudiants aux yeux clairs, bleus, ont fait sensation.... Clooney n'a qu'a bien se tenir!


(pardon pour cette mise en page à la c.., j'avais pourtant tout aligné, mais le blog refuse de prendre ma grande image, que j'ai du couper en quatre et qui même comme ça ne veut pas se mettre bien...grrrrrrrrrrrrr)


vendredi 22 juin 2012

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire - Jonas JONASSON

Comment dire. 
A 99, 999999999999999999999999 ans, et que la mort vous fuit, ils faut bien le dire, voir toute la maison de retraite préparer votre gouter de centième anniversaire, ça peut déprimer.... 
On voit ça d'ici!
tout le monde en charentaises, youpla les confettis, youpla la boom avec que des filles en fauteuil roulant. 
Bref, Allan Karlsson n'a pas du tout, mais alors pas du tout envie de voir ça. Alors, il s'en va. 
Il saute par la fenêtre.
Où aller, quand on est vieux (c'est le moins qu'on puisse dire), qu'on est en charentaises aussi, et qu'on a juste 50 couronnes en poche? (Je ne sais pas combien ça fait en euros, mais à vue de nez, pas lourd lourd.)
Pour commencer, il faut s'éloigner assez de la maison de retraite pour ne pas qu'on le rattrape trop vite. 
Et c'est comme ça qu'Allan se retrouve à la gare routière, à prendre un bus pour on ne sait où, (là où le billet aller coute 50 couronnes, logique) et vole sans vraiment le vouloir une valise à un jeune punk qui lui confie le temps d'aller chier....
 Malheureusement, enfin question de point de vue, cette valise contient 50 millions de couronnes (là en revanche, ça doit faire lourd lourd.) et le pti punk n'est pas du tout, mais alors pas du tout ravi de se l'être fait ravir.... 
Voilà comment démarre ce roadmovie version senior, qui commence au départ par un vieux en pantoufle qui prend le car et qui finit avec un gangster, un vendeur de hotdog, son frère, une rousse pas commode, un berger allemand, un éléphant, un inspecteur de police, un autre gangster et j'en passe....
Ce livre vous explique comment, quand on attend rien de la vie, comme Allan Karlsson, et que même justement, on attend plutôt la mort avec impatience, on se retrouve à sillonner le pays, voire le monde, et à vivre une vie et une cavale finale digne des plus folles et des plus excitantes pages de romans d’espionnage. 

Je sais, tout le monde parle de ce phénomène depuis des lustres, et j'arrive après la bataille. Mais, comme pour le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, lire un bouquin  après tout le monde et surtout que tout le monde a déjà tellement encensé, c'est risqué. ça n'empêche qu'un fois encore, je ne suis pas déçue.
Comment dire. Voilà un roman des plus absurdes. Quand on pense qu'on a touché le fond, on en trouve encore. C'est fou, acabradabranteste, absurde. Absurde, c'est le mot. Absurde et Génial.
Le livre alterne récit de la fuite d'Allan et flashbacks de sa (longue) vie, qui commence en Suède au début du XXe siècle. Fuite improbable, vie invraisemblable , roman incroyable...
L'auteur nous promène avec ce petit vieux dans le monde entier, l'air de rien. Et en presque 500 pages, 1- vous vous refaite l'histoire du XXe siècle comme ça, et 2- vous vous marrez en plus. Pas à gorge déployée, certes, mais ce genre de marrade insidieuse, qui vous force le sourire parce que ce que vous lisez est tellement absurde que s'en est drôle et brillant. 
Je sais, j'ai écris plein de fois le mot absurde. Mais en même temps, et je l'ai déjà dit, c'est le mot. 
La couverture d'ailleurs est très bien choisie à mon avis et illustre parfaitement ce qu'elle contient.

J'ai dévoré ce livre en moins d'une semaine, pour la simple et bonne raison qu'il est fantastique et réjouissant.(vous noterez que j'ai fait un effort (merci le dico des synonymes) et que j'ai pas remis absurde!)
Le héros, d'une logique imparable, et d'une intelligence tout de même rare, sans conscience du bien ou du mal, si ce n'est que dans la vie, rien ne vaut un bon pt'i verre, est très attachant. Ses comparses, qui viennent gonfler au fur et à mesure des pages la drôle de bande aussi. Je tiens à dire aussi mon admiration pour l'auteur, qui tisse avec génie les mailles des grands événements du XXe siècle autour de son personnage principal!! Y a des gens qui ne sont coupables de rien, d'autre de tout, et c'est le cas ici.... J'en suis limite à me demander si ce ne serait pas Allan Karlsson qui aurait crucifié Jésus, d'une manière ou d'une autre. Je ne suis pas claire, c'est normal... lisez, vous comprendez. Bref, il y a beaucoup d'invention loufoque dans ces pages qui entrainent le lecteur avec elles. C'est rocambolesque. (D'ailleurs, en me relisant, mon billet est absurde... c'est bon, je suis raccord!)

En fait, je ne sais pas trop comment dire à quel point ça m'a plu.
Et je crois que le plus simple c'est encore de vous dire : LISEZ-LE!
 



dimanche 17 juin 2012

Intrigue à Venise - ADRIEN GOETZ

Il m'attendait depuis mars, bien au chaud et bien en vue sur l'étagère. 
Une nouvelle aventure de Pénélope et Wandrille (quel prénom, je vous jure!), à Venise cette fois, où Pené assiste à un ennuyeux colloque sur les gondoles (à Venise.. quel sujet!).
Pénélope, jeune conservatrice à Versailles,  subit les longues interventions de ses collègues historiens, alors qu'elle rêve de s'échapper et de visiter Venise, qu'elle ne connait pas encore, ce qu'elle cache à tout le monde (c'est évidemment indigne d'une lauréate de l'école du patrimoine)

De son côté, Wandrille, son amoureux, journaliste, enthousiaste et sportif, fait un reportage sur les artefacts vénitiens à Paris, en compagnie d'un vieil écrivain un peu fantasque, reportage qui les mène à l'école des beaux-arts et au Carrousel des Tuileries.

Pénélope, alors qu'elle contemple une statue équestre, celle-là même qui lui a valu d'être diplômée, fait une sombre découverte : une tête de chat coupée, et un mot de menace...
Au même moment, ou presque, Wandrille, devant la reproduction de la même statue équestre, à Paris, trouve le même mot de menace, et lui aussi une tête de chat coupée...

Quelqu'un en veux aux écrivains français de Venise, aux écrivains français qui ont écrit sur Venise, ou qui situent une de leurs intrigues dans la ville des doges. Ces écrivains qui semblent former une sorte de cercle, du genre société sécrété, et qui posséderaient, selon les mots sous les têtes de chat, un trésor caché qu'il est temps de restituer.

Si cercle des écrivains français de Venise il y a, Adrien Goetz vient d'y entrer. Il mêle avec un plaisir évident l'intrigue et ses connaissances en histoire de l'art (n'oublions pas que M. Goetz enseigne à la Sorbonne, ce qui n'est pas tout à fait rien). Si le style d'écriture, fait de phrases, courtes, assez sèches, m'a un peu désarçonné au départ, il s'est fait oublié au fil des pages. Très agréable à lire, cette nouvelle enquête vous fera passer quelques bonnes heures, tout en vous distillant quelques leçons d'histoire de l'art, qui passent presque inaperçues, mais bien présentes quand même!!
Pénélope, qui me parait être une copine maintenant (il faut dire qu'elle me rappelle une de mes "vraies" copines, Conservateur diplômée de l’École du Patrimoine, envoyée elle aussi "en région" pour sa première affectation.) est toujours très sympathique et, dans cet opus, très normale, ce qui fait du bien.
Wandrille est de plus en plus le fiancé idéal, celui auquel je rêverai bien facilement.
Venise montre ces attraits, ses splendeurs et ses mystères, et m'attire de fait de plus en plus également. Croisons les doigts pour que je puisse y emmener mes étudiants à l'automne... ce serait fantastique!

Bref, évidemment, ce n'est pas un chef-d’œuvre (et ce n'est pas ce qu'on lui demandait!) mais néanmoins un livre très agréable et joyeux, qui vous fera passer un bon moment et vous entraînera au détour des ruelles et des palais vénitiens...en compagnie de deux personnages qu'on aime de plus en plus.


lundi 11 juin 2012

Oscar Wilde and the nest of Vipers - Gyles BRANDRETH

Ennnfin, ça y est!!!!!! Je l'ai terminé!
Ce ne fut pas de la tarte, mais n'en déduisez rien. ça ne veut pas dire que le livre n'est pas bon! C'est simplement que c'est le premier livre en anglais que je fini vraiment,. Et même si, avec le recul, je le lis assez bien, je n'ai pas cette envie de me jeter sur le livre dès que j'ai une main et un oeil de libre. Il va falloir que je lise un certain nombre de livres en VO avant de ne plus faire la différence entre l'anglais et le français, entre la lecture totalement fluide et la lecture certes aisée mais qui demande quand même un petit effort.

Bref, 
Revenons à notre mouton. Oscar Wilde and the nest of vipers....
Oscar Wilde et sa bande de joyeux lurons du XIXe (Arthur Conan Doyle, Bram Stocker, etc..) se retrouvent une nouvelle fois au coeur d'une sombre histoire. Cette fois, au cour d'une réception dans la très haute société londonienne,  l'hôtesse, la Duchess of Albemarle est assassinée d'une drôle de façon, alors que Son Altesse Royale, le prince héritier, fils de la Reine Victoria, est en train de prendre congé. Et plus étrange, elle est retrouvée torse nu, couverte de plaies sur la poitrine, et notamment deux incisions parallèles sur la jugulaire, alors qu'un jeune homme pâle, cheveux bruns, lèvres carmin dit être un vampire.
Conclusion du médecin, un psychologue, arrêt cardiaque. Les plaies sont non concluantes. Évidemment, nous sommes aux balbutiements de la psychothérapie, surtout des cas d'hystérie, et tout ça est très louche.
Son Altesse Royale, qui aimait beaucoup la victime, est lui aussi un peu dubitatif et confie à Oscar et à sa fine équipe d'enquêter en toute discrétion. Après tout, l'Héritier ne peut être mêlé d'une façon ou d'une autre à un scandale.Commence alors une enquête entre Londres et Paris, entre les milieux sociaux les plus hauts (et les plus nobles) et les bas fonds les plus sombres, entre les salons dorés et les cimetières, une nuit de pleine lune, où se réunissent les vampires anonymes....

Et bien, comment dire, c'est bien. Comme les livres précédents. Pour la même raison que celle détaillée plus haut, je ne peux pas vous dire que j'ai adoré, que c'était délicieux de finesse et que décidément, Gyles Brandreth dépeint si bien Mr. Wilde qu'on a l'impression d'avoir passer une semaine (et dans mon cas présent, 6 mois) en sa compagnie. Je ne peux pas, parce que je n'ai pas tout tout bien compris. Mais je ne doute pas un instant de ce que j'avance. Je le relirai en français d'ici quelques temps, et je vous le redirai!! C'est sur. J'ai eu un peu de mal à m'habituer à la trame épistolaire choisie cette fois par l'auteur. Au lieu de raconter l'histoire par les yeux de Robert Sherard, le secrétaire d'Oscar, Brandreth choisi cette fois de dérouler l'histoire grâce aux coupures de presses, télégrammes et extraits des journaux personnels des différents protagonistes, mais si les quelques premières pages j'ai trouvé ça déroutant, j'ai ensuite pris le rythme, et j'ai même fini par trouver ça agréable, notamment de voir comment les personnages ne perçoivent pas une même scène de la même façon.

Le suivant est déjà sur mon étagère, en anglais aussi... et y a "Vatican" dans le titre.... Oscar Wilde et Vatican dans une même phrase, je sais pas vous, mais moi, ça me branche pas mal, ça promet un feu d'artifice oratoire de notre dandy préféré.
Mais pas tout de suite, j'ai plein de livres en Français qui m'attendent et qui trépignent d'impatience sur ma table de chevet. (Ok, c'est moi qui trépigne, je m'étais promis de finir le bouquin en anglais avant d'attaquer les autres!!) Dans l'ordre (ou pas, on verra!), Intrigue à Venise d'Adrien Goetz (qui m'attend depuis mars!!!), La mort s'invite à Pemberley de P.D. James (ARRGHH, le pied, la grande romancière anglaise chez Jane Austen!!) et un petit nouveau, acheté par hasard au détour d'un rayon Fnac, Le Livre perdu des Sortilèges de Deborah Harkness.

A bientôt!