vendredi 22 juin 2012

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire - Jonas JONASSON

Comment dire. 
A 99, 999999999999999999999999 ans, et que la mort vous fuit, ils faut bien le dire, voir toute la maison de retraite préparer votre gouter de centième anniversaire, ça peut déprimer.... 
On voit ça d'ici!
tout le monde en charentaises, youpla les confettis, youpla la boom avec que des filles en fauteuil roulant. 
Bref, Allan Karlsson n'a pas du tout, mais alors pas du tout envie de voir ça. Alors, il s'en va. 
Il saute par la fenêtre.
Où aller, quand on est vieux (c'est le moins qu'on puisse dire), qu'on est en charentaises aussi, et qu'on a juste 50 couronnes en poche? (Je ne sais pas combien ça fait en euros, mais à vue de nez, pas lourd lourd.)
Pour commencer, il faut s'éloigner assez de la maison de retraite pour ne pas qu'on le rattrape trop vite. 
Et c'est comme ça qu'Allan se retrouve à la gare routière, à prendre un bus pour on ne sait où, (là où le billet aller coute 50 couronnes, logique) et vole sans vraiment le vouloir une valise à un jeune punk qui lui confie le temps d'aller chier....
 Malheureusement, enfin question de point de vue, cette valise contient 50 millions de couronnes (là en revanche, ça doit faire lourd lourd.) et le pti punk n'est pas du tout, mais alors pas du tout ravi de se l'être fait ravir.... 
Voilà comment démarre ce roadmovie version senior, qui commence au départ par un vieux en pantoufle qui prend le car et qui finit avec un gangster, un vendeur de hotdog, son frère, une rousse pas commode, un berger allemand, un éléphant, un inspecteur de police, un autre gangster et j'en passe....
Ce livre vous explique comment, quand on attend rien de la vie, comme Allan Karlsson, et que même justement, on attend plutôt la mort avec impatience, on se retrouve à sillonner le pays, voire le monde, et à vivre une vie et une cavale finale digne des plus folles et des plus excitantes pages de romans d’espionnage. 

Je sais, tout le monde parle de ce phénomène depuis des lustres, et j'arrive après la bataille. Mais, comme pour le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, lire un bouquin  après tout le monde et surtout que tout le monde a déjà tellement encensé, c'est risqué. ça n'empêche qu'un fois encore, je ne suis pas déçue.
Comment dire. Voilà un roman des plus absurdes. Quand on pense qu'on a touché le fond, on en trouve encore. C'est fou, acabradabranteste, absurde. Absurde, c'est le mot. Absurde et Génial.
Le livre alterne récit de la fuite d'Allan et flashbacks de sa (longue) vie, qui commence en Suède au début du XXe siècle. Fuite improbable, vie invraisemblable , roman incroyable...
L'auteur nous promène avec ce petit vieux dans le monde entier, l'air de rien. Et en presque 500 pages, 1- vous vous refaite l'histoire du XXe siècle comme ça, et 2- vous vous marrez en plus. Pas à gorge déployée, certes, mais ce genre de marrade insidieuse, qui vous force le sourire parce que ce que vous lisez est tellement absurde que s'en est drôle et brillant. 
Je sais, j'ai écris plein de fois le mot absurde. Mais en même temps, et je l'ai déjà dit, c'est le mot. 
La couverture d'ailleurs est très bien choisie à mon avis et illustre parfaitement ce qu'elle contient.

J'ai dévoré ce livre en moins d'une semaine, pour la simple et bonne raison qu'il est fantastique et réjouissant.(vous noterez que j'ai fait un effort (merci le dico des synonymes) et que j'ai pas remis absurde!)
Le héros, d'une logique imparable, et d'une intelligence tout de même rare, sans conscience du bien ou du mal, si ce n'est que dans la vie, rien ne vaut un bon pt'i verre, est très attachant. Ses comparses, qui viennent gonfler au fur et à mesure des pages la drôle de bande aussi. Je tiens à dire aussi mon admiration pour l'auteur, qui tisse avec génie les mailles des grands événements du XXe siècle autour de son personnage principal!! Y a des gens qui ne sont coupables de rien, d'autre de tout, et c'est le cas ici.... J'en suis limite à me demander si ce ne serait pas Allan Karlsson qui aurait crucifié Jésus, d'une manière ou d'une autre. Je ne suis pas claire, c'est normal... lisez, vous comprendez. Bref, il y a beaucoup d'invention loufoque dans ces pages qui entrainent le lecteur avec elles. C'est rocambolesque. (D'ailleurs, en me relisant, mon billet est absurde... c'est bon, je suis raccord!)

En fait, je ne sais pas trop comment dire à quel point ça m'a plu.
Et je crois que le plus simple c'est encore de vous dire : LISEZ-LE!
 



dimanche 17 juin 2012

Intrigue à Venise - ADRIEN GOETZ

Il m'attendait depuis mars, bien au chaud et bien en vue sur l'étagère. 
Une nouvelle aventure de Pénélope et Wandrille (quel prénom, je vous jure!), à Venise cette fois, où Pené assiste à un ennuyeux colloque sur les gondoles (à Venise.. quel sujet!).
Pénélope, jeune conservatrice à Versailles,  subit les longues interventions de ses collègues historiens, alors qu'elle rêve de s'échapper et de visiter Venise, qu'elle ne connait pas encore, ce qu'elle cache à tout le monde (c'est évidemment indigne d'une lauréate de l'école du patrimoine)

De son côté, Wandrille, son amoureux, journaliste, enthousiaste et sportif, fait un reportage sur les artefacts vénitiens à Paris, en compagnie d'un vieil écrivain un peu fantasque, reportage qui les mène à l'école des beaux-arts et au Carrousel des Tuileries.

Pénélope, alors qu'elle contemple une statue équestre, celle-là même qui lui a valu d'être diplômée, fait une sombre découverte : une tête de chat coupée, et un mot de menace...
Au même moment, ou presque, Wandrille, devant la reproduction de la même statue équestre, à Paris, trouve le même mot de menace, et lui aussi une tête de chat coupée...

Quelqu'un en veux aux écrivains français de Venise, aux écrivains français qui ont écrit sur Venise, ou qui situent une de leurs intrigues dans la ville des doges. Ces écrivains qui semblent former une sorte de cercle, du genre société sécrété, et qui posséderaient, selon les mots sous les têtes de chat, un trésor caché qu'il est temps de restituer.

Si cercle des écrivains français de Venise il y a, Adrien Goetz vient d'y entrer. Il mêle avec un plaisir évident l'intrigue et ses connaissances en histoire de l'art (n'oublions pas que M. Goetz enseigne à la Sorbonne, ce qui n'est pas tout à fait rien). Si le style d'écriture, fait de phrases, courtes, assez sèches, m'a un peu désarçonné au départ, il s'est fait oublié au fil des pages. Très agréable à lire, cette nouvelle enquête vous fera passer quelques bonnes heures, tout en vous distillant quelques leçons d'histoire de l'art, qui passent presque inaperçues, mais bien présentes quand même!!
Pénélope, qui me parait être une copine maintenant (il faut dire qu'elle me rappelle une de mes "vraies" copines, Conservateur diplômée de l’École du Patrimoine, envoyée elle aussi "en région" pour sa première affectation.) est toujours très sympathique et, dans cet opus, très normale, ce qui fait du bien.
Wandrille est de plus en plus le fiancé idéal, celui auquel je rêverai bien facilement.
Venise montre ces attraits, ses splendeurs et ses mystères, et m'attire de fait de plus en plus également. Croisons les doigts pour que je puisse y emmener mes étudiants à l'automne... ce serait fantastique!

Bref, évidemment, ce n'est pas un chef-d’œuvre (et ce n'est pas ce qu'on lui demandait!) mais néanmoins un livre très agréable et joyeux, qui vous fera passer un bon moment et vous entraînera au détour des ruelles et des palais vénitiens...en compagnie de deux personnages qu'on aime de plus en plus.


lundi 11 juin 2012

Oscar Wilde and the nest of Vipers - Gyles BRANDRETH

Ennnfin, ça y est!!!!!! Je l'ai terminé!
Ce ne fut pas de la tarte, mais n'en déduisez rien. ça ne veut pas dire que le livre n'est pas bon! C'est simplement que c'est le premier livre en anglais que je fini vraiment,. Et même si, avec le recul, je le lis assez bien, je n'ai pas cette envie de me jeter sur le livre dès que j'ai une main et un oeil de libre. Il va falloir que je lise un certain nombre de livres en VO avant de ne plus faire la différence entre l'anglais et le français, entre la lecture totalement fluide et la lecture certes aisée mais qui demande quand même un petit effort.

Bref, 
Revenons à notre mouton. Oscar Wilde and the nest of vipers....
Oscar Wilde et sa bande de joyeux lurons du XIXe (Arthur Conan Doyle, Bram Stocker, etc..) se retrouvent une nouvelle fois au coeur d'une sombre histoire. Cette fois, au cour d'une réception dans la très haute société londonienne,  l'hôtesse, la Duchess of Albemarle est assassinée d'une drôle de façon, alors que Son Altesse Royale, le prince héritier, fils de la Reine Victoria, est en train de prendre congé. Et plus étrange, elle est retrouvée torse nu, couverte de plaies sur la poitrine, et notamment deux incisions parallèles sur la jugulaire, alors qu'un jeune homme pâle, cheveux bruns, lèvres carmin dit être un vampire.
Conclusion du médecin, un psychologue, arrêt cardiaque. Les plaies sont non concluantes. Évidemment, nous sommes aux balbutiements de la psychothérapie, surtout des cas d'hystérie, et tout ça est très louche.
Son Altesse Royale, qui aimait beaucoup la victime, est lui aussi un peu dubitatif et confie à Oscar et à sa fine équipe d'enquêter en toute discrétion. Après tout, l'Héritier ne peut être mêlé d'une façon ou d'une autre à un scandale.Commence alors une enquête entre Londres et Paris, entre les milieux sociaux les plus hauts (et les plus nobles) et les bas fonds les plus sombres, entre les salons dorés et les cimetières, une nuit de pleine lune, où se réunissent les vampires anonymes....

Et bien, comment dire, c'est bien. Comme les livres précédents. Pour la même raison que celle détaillée plus haut, je ne peux pas vous dire que j'ai adoré, que c'était délicieux de finesse et que décidément, Gyles Brandreth dépeint si bien Mr. Wilde qu'on a l'impression d'avoir passer une semaine (et dans mon cas présent, 6 mois) en sa compagnie. Je ne peux pas, parce que je n'ai pas tout tout bien compris. Mais je ne doute pas un instant de ce que j'avance. Je le relirai en français d'ici quelques temps, et je vous le redirai!! C'est sur. J'ai eu un peu de mal à m'habituer à la trame épistolaire choisie cette fois par l'auteur. Au lieu de raconter l'histoire par les yeux de Robert Sherard, le secrétaire d'Oscar, Brandreth choisi cette fois de dérouler l'histoire grâce aux coupures de presses, télégrammes et extraits des journaux personnels des différents protagonistes, mais si les quelques premières pages j'ai trouvé ça déroutant, j'ai ensuite pris le rythme, et j'ai même fini par trouver ça agréable, notamment de voir comment les personnages ne perçoivent pas une même scène de la même façon.

Le suivant est déjà sur mon étagère, en anglais aussi... et y a "Vatican" dans le titre.... Oscar Wilde et Vatican dans une même phrase, je sais pas vous, mais moi, ça me branche pas mal, ça promet un feu d'artifice oratoire de notre dandy préféré.
Mais pas tout de suite, j'ai plein de livres en Français qui m'attendent et qui trépignent d'impatience sur ma table de chevet. (Ok, c'est moi qui trépigne, je m'étais promis de finir le bouquin en anglais avant d'attaquer les autres!!) Dans l'ordre (ou pas, on verra!), Intrigue à Venise d'Adrien Goetz (qui m'attend depuis mars!!!), La mort s'invite à Pemberley de P.D. James (ARRGHH, le pied, la grande romancière anglaise chez Jane Austen!!) et un petit nouveau, acheté par hasard au détour d'un rayon Fnac, Le Livre perdu des Sortilèges de Deborah Harkness.

A bientôt!