vendredi 31 janvier 2014

# Idée sortie_ Roman d'une Garde Robe - Musée Carnavalet, Paris


Pour les parisiennes, encore, et toutes celles qui comme moi aime la mode d'antan, les silhouettes des élégantes, les robes de rêve, je ne saurais trop vous encourager à déplacer (rapidement) vos petits souliers au Musée Carnavalet, à l'exposition Roman d'une Garde Robe qui se termine le 16 mars!


Ensemble Chéruit, 1921-1922

Roman d'un Garde Robe, c'est de la féerie, c'est un voyage dans le Paris du début du XXe siècle, du côté de la place Vendôme et de ses maisons de couture. C'est une immersion dans les débuts de la Haute-Couture et dans ce qui a fait de Paris la capitale mondiale du chic et de l'élégance. C'est aussi un travail incroyable de restauration de robes, de souliers, de tissus, de chapeaux qui sont restés endormis dans des malles depuis 100 ans, et qui ont été donnés au musée Galliera par la famille d'Alice Alleaume, première vendeuse chez Chéruit (une des plus grandes maisons de couture de l'époque, disparue et incroyablement oubliée aujourd'hui), qui a amassé une collection de pièces fabuleuses au fil de sa vie, collection miraculeusement conservée et réveillée aujourd'hui









Je ne vais pas vous raconter toute l'histoire de ce roman, je vous gâcherais une partie du plaisir, mais je peux vous donner un aperçut : 
Images : Musée Carnavalet
Grâce à Alice, à ses descendants,et aux conservateurs de l'exposition, l'histoire au jour le jour de chez Chéruit est reconstituée. Les notes et les commentaires dans des cahiers, les catalogues, les livres de commande, l'intégralité des collections, photographiées, identifiées avec des échantillons des tissus, des broderies, bref, une mine incroyable d'information sur cette époque et sur ce chic parisien, sur ces salons de couture où toute l'Europe prisée faisait étape.
Images Palais Galliera

C'est un enchantement, vraiment, et une mine. Et ces merveilleuses robes oubliées sont comme des princesses fragiles qu'on vient d'embrasser pour les réveiller. Elles retourneront ensuite sommeiller dans les réserves du Palais Galliera, un peu mieux installées néanmoins que depuis 100 ans.
Mais je suis ravie d'avoir eu la possibilité de les approcher d'aussi près et de me retrouver transportée en 1915/1920, aux côtés des prestigieuses clientes de la place Vendôme!

# Lire_ Le Saut de Tibère - Gilda PIERSANTI

Pardonnez ma si longue absence... je me suis mise à tricoter, et du coup, je lis beaucoup moins ces temps-ci puisque, clairement, on ne peut pas faire les deux en même temps!

Je voudrais vous parler aujourd'hui d'un roman policier d'une écrivaine fraco-italienne, Gilda Piersanti, qui a déjà une bonne dizaine de livres policiers reconnus à son actif, même si c'est le premier que je lis.

La couverture m'a beaucoup plu, et la délicatesse et l'émotion qui se dégage de cette statue m'a tout de suite attirée.

L'histoire : Le corps d’une jeune fille est retrouvé à Capri, sous une énorme cloche. La pauvre est transpercée par une sorte de flèche et semble morte depuis longtemps. On s'aperçoit vite qu'il s'agit de la jeune fille qui avait disparu onze ans plus tôt, un soir, de façon inexplicable. Enfin, si, puisque la dernière personne à l'avoir vu en vie se trouve être le fils du chef du clan de la camorra de l'île, et qui s'était alors enfuit d'Italie immédiatement. Louche? Coupable? Il y a des chances... Mais il disparaît alors complétement, et la jeune fille n'est jamais retrouvée... Pourquoi alors, 11 ans plus tard, le corps réapparait-il? 
Mariella De Luca, qui est l'héroïne récurrente de l'auteur, et qui après avoir été inspectrice à Rome, se retrouve être un des pionniers d'Europol, la version européenne d'Interpol, est chargée de l'enquête lorsqu'on s'aperçoit que d'autres corps sont retrouvés partout en Europe,  marqués de la même signature : une sorte de flèche est plantée dans la victime. Ce serait donc l'oeuvre d'un serial killer...vite baptisé Le Sagittaire.

Serial Killer? Mafia? ou les deux? L'affaire est complexe. Le suspect du meurtre de la jeune fille peut-il être Le Sagittaire? Ce fils à papa, joli garçon, mais un peu perturbé? D'ailleurs les meurtres du Sagittaire ont commencés il y a 11 ans. Coïncidence? La jeune fille serait-elle le point 0, le début d'une carrière? Et si ce n'était pas lui?
Que de questions auxquelles notre inspectrice va devoir se frotter, sachant que s'intéresser de près ou même de loin à la camorra n'est jamais une très bonne idée, surtout sur une petite île, où tout se sait, tout le monde se connait, où une famille fait la loi, et où tout le monde à peur des représailles. Qui est fidèle? Qui va trahir? Qui est "clean" et qui ne l'est pas?

Ce que j'en ai pensé : Déjà, je l'ai lu vite, ce qui est bon signe en général. Quand on est "pris" dans un livre, on ne traînasse pas. Celà dit, le livre manque peut-être un peu de rythme au début. On ne s'ennuie pas mais, on aimerait que ce soit un peu plus tendu, un peu haletant surtout compte tenu de ce qui se passe.
A part ce petit reproche, j'ai trouvé que c'était un bon polar, original, car on se retrouve vite dans la tête du Sagittaire, ce qui est assez déstabilisant.
On passe ainsi du point de vue "normal" des enquêteurs, et de Mariella, à celui du tueur, perturbé, un rien psychotique, et totalement névrosé. 
Et il fait froid dans le dos ce Sagittaire, intelligent, sans limite, surtout quand il commence à s'intéresser de près à Mariella... brrr.
La vie à Capri parait moins idyllique que prévu, et on ressent bien le poids de la mafia sur une petite communauté.
On comprend aussi comment on devient un tueur en série, comment un esprit fragile peut être fracassé par l'entourage, par la vie et par les moqueries de l'enfance...et ça aussi, ça fait assez froid dans le dos. Tuer pour se prouver à soi même d'abord, et au autres ensuite qu'on existe, et qu'on est puissant. Que vous pouvez penser ce que vous voulez, et le prendre pour un imbécile invisible, pour une loque, lui sait, il sait que dès que vous baisserez la garde, il vous aura. 

En refermant le livre, je me suis demandé comment une femme pouvait être à ce point là rentrée dans la tête d'un tueur, et d'un tueur de femmes en plus.

Bref, c'est un bon polar, bien écrit, et "peu commun" parce qu'on y est déstabilisé, malmené et qu'on devient presque un peu schizophrène entre le bien et le mal.
Ahhh l'Italie, Capri, le bon vin, les pizzas, la mafia et les tueurs en série.....