Comment dire.
A 99, 999999999999999999999999 ans, et que la mort vous fuit, ils faut bien le dire, voir toute la maison de retraite préparer votre gouter de centième anniversaire, ça peut déprimer....
On voit ça d'ici!
tout le monde en charentaises, youpla les confettis, youpla la boom avec que des filles en fauteuil roulant.
Bref, Allan Karlsson n'a pas du tout, mais alors pas du tout envie de voir ça. Alors, il s'en va.
Il saute par la fenêtre.
Où aller, quand on est vieux (c'est le moins qu'on puisse dire), qu'on est en charentaises aussi, et qu'on a juste 50 couronnes en poche? (Je ne sais pas combien ça fait en euros, mais à vue de nez, pas lourd lourd.)
Pour commencer, il faut s'éloigner assez de la maison de retraite pour ne pas qu'on le rattrape trop vite.
Et c'est comme ça qu'Allan se retrouve à la gare routière, à prendre un bus pour on ne sait où, (là où le billet aller coute 50 couronnes, logique) et vole sans vraiment le vouloir une valise à un jeune punk qui lui confie le temps d'aller chier....
Malheureusement, enfin question de point de vue, cette valise contient 50 millions de couronnes (là en revanche, ça doit faire lourd lourd.) et le pti punk n'est pas du tout, mais alors pas du tout ravi de se l'être fait ravir....
Voilà comment démarre ce roadmovie version senior, qui commence au départ par un vieux en pantoufle qui prend le car et qui finit avec un gangster, un vendeur de hotdog, son frère, une rousse pas commode, un berger allemand, un éléphant, un inspecteur de police, un autre gangster et j'en passe....
Ce livre vous explique comment, quand on attend rien de la vie, comme Allan Karlsson, et que même justement, on attend plutôt la mort avec impatience, on se retrouve à sillonner le pays, voire le monde, et à vivre une vie et une cavale finale digne des plus folles et des plus excitantes pages de romans d’espionnage.
Je sais, tout le monde parle de ce phénomène depuis des lustres, et j'arrive après la bataille. Mais, comme pour le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, lire un bouquin après tout le monde et surtout que tout le monde a déjà tellement encensé, c'est risqué. ça n'empêche qu'un fois encore, je ne suis pas déçue.
Comment dire. Voilà un roman des plus absurdes. Quand on pense qu'on a touché le fond, on en trouve encore. C'est fou, acabradabranteste, absurde. Absurde, c'est le mot. Absurde et Génial.
Le livre alterne récit de la fuite d'Allan et flashbacks de sa (longue) vie, qui commence en Suède au début du XXe siècle. Fuite improbable, vie invraisemblable , roman incroyable...
L'auteur nous promène avec ce petit vieux dans le monde entier, l'air de rien. Et en presque 500 pages, 1- vous vous refaite l'histoire du XXe siècle comme ça, et 2- vous vous marrez en plus. Pas à gorge déployée, certes, mais ce genre de marrade insidieuse, qui vous force le sourire parce que ce que vous lisez est tellement absurde que s'en est drôle et brillant.
Je sais, j'ai écris plein de fois le mot absurde. Mais en même temps, et je l'ai déjà dit, c'est le mot.
La couverture d'ailleurs est très bien choisie à mon avis et illustre parfaitement ce qu'elle contient.
J'ai dévoré ce livre en moins d'une semaine, pour la simple et bonne raison qu'il est fantastique et réjouissant.(vous noterez que j'ai fait un effort (merci le dico des synonymes) et que j'ai pas remis absurde!)
Le héros, d'une logique imparable, et d'une intelligence tout de même rare, sans conscience du bien ou du mal, si ce n'est que dans la vie, rien ne vaut un bon pt'i verre, est très attachant. Ses comparses, qui viennent gonfler au fur et à mesure des pages la drôle de bande aussi. Je tiens à dire aussi mon admiration pour l'auteur, qui tisse avec génie les mailles des grands événements du XXe siècle autour de son personnage principal!! Y a des gens qui ne sont coupables de rien, d'autre de tout, et c'est le cas ici.... J'en suis limite à me demander si ce ne serait pas Allan Karlsson qui aurait crucifié Jésus, d'une manière ou d'une autre. Je ne suis pas claire, c'est normal... lisez, vous comprendez. Bref, il y a beaucoup d'invention loufoque dans ces pages qui entrainent le lecteur avec elles. C'est rocambolesque. (D'ailleurs, en me relisant, mon billet est absurde... c'est bon, je suis raccord!)
En fait, je ne sais pas trop comment dire à quel point ça m'a plu.
Et je crois que le plus simple c'est encore de vous dire : LISEZ-LE!







