vendredi 1 avril 2011

L'ombre du vent - Carlos Ruiz ZAFON


Sur les conseils, et sur un défi du Comte Todd du très bon blog lectures "A la dérive... les mots nous font vivre", je me suis attaquée à L'ombre du vent.

Ce roman, à cheval entre le roman historique et le polar, raconte l'aventure que vit le jeune Daniel qui, à 10 ans découvre et dévore un livre inconnu d'un auteur inconnu qui le fascine immédiatement. Le livre s'appelle L'ombre du vent, l'auteur Julian Carax.
Curieux, notre petit lecteur, libraire en herbe, cherche à savoir tout ce qu'il peut sur ce fameux Carax, dont la vie semble bien mystérieuse et dont un fantôme cherche à détruire les moindres fragments.
Daniel grandit, perçant peu à peu les voiles de brumes qui entourent Carax, et sa propre vie prend peu à peu une tournure assez similaire à celle de sa dangereuse idole.
Cette quête emmène notre jeune adolescent qui a tout encore à découvrir auprès de belles et dangereuses femmes qui le mettent en émoi , le frotte à la police -milice d'une Espagne à peine sortie des griffes de la guerre civile.
Petit à petit le parallèle Vie de Daniel/Vie de Julian se tisse, bringuebalant les joies et les drames de chacun.
Petit à petit le brouillard se déchire, découvrant bien souvent une vérité plus noire qu'on ne l'imaginait.

Ce roman est très bien écrit (traduit), l'enquête est originale et sa description de Barcelone des années 50 est très intéressante.
Cependant, si je l'ai apprécié et lu rapidement, je ne l'ai pas dévoré au point de profiter de la moindre minute de libre pour le lire. Je regrette un peu que le fameux L'ombre du vent soit juste un prétexte, j'aurais peut-être aimé que le roman prenne un peu plus de place dans l'histoire, même si celle-ci est déjà très fournie.
Je vais paraître un peu bêbête aussi, mais l'histoire révèle des drames tellement terribles que j'en ai fait quelques cauchemars.
Au-delà de mon côté nounouille (voilà c'est dit), c'est vraiment très bien, il y a pleins de détails qui rendent le récit vivant, comme si on le regardait par une fenêtre. Les personnages sont bien campés, savoureux même pour ce qui est de Fermin que je rêverais de rencontrer!

Ce roman parle de l'injustice due aux classes sociales, de la méchanceté des hommes, par bêtise, par opportunisme ou par convenance. Des drames qui se jouent derrière les murs des plus belles demeures, et malgré tout ça, malgré toutes ces souffrances contenues, distillées , les héros sont d'une honnêteté remarquable. Pas dans le sens "je ne ferai jamais rien d'illégal", plutôt du genre honnêtes avec eux même, avec ce qu'ils sont, lâches parfois, benêts aussi, jaloux, mais justes, et amoureux.

En fait, je m'aperçois qu'il m'est très difficile de vous parler de ce livre, que j'ai incontestablement aimé, et qui m'a glacé aussi parfois. J'oscille entre le plaisir et le malaise et c'est assez délicat à expliquer. C'est un peu un roman que j'ai lu avec mes nerfs, avec ma peau; et j'ai bien du mal à les faire témoigner!!

jeudi 10 mars 2011

Le chat qui sniffait de la colle - Lilian JACKSON BRAUN


Non, je n'ai pas disparu et non, je n'ai pas cessé de lire des romans malgré ma décision de me consacrer davantage à mon mémoire de fin d'année (ce que je ne fais toujours pas par ailleurs!!).

Mais voilà, il se trouve que je rencontre ou croise des livres auxquels je ne résiste pas.
Par exemple, Le chat qui sniffait de la colle. Vous admettrez qu'un titre pareil ça attire l'œil, notamment le mien, moi qui aime les chats et moi qui aimais sniffer de la colle étant petite, vous savez celle qui sentait l'amande, en pot avec une petite spatule!!
Patatras, exit le bouquin sérieux, bonjour ce petit polar.

Ce livre fait partie d'une série d'une bonne quinzaine de titres, où le chat grâce à ses travers opportuns aide à résoudre des enquêtes menées par son journaliste de maître.
Le chat qui sniffait de la colle doit être le 5e ou 6e livre de la série.

Honnêtement, les 100 premières pages ne m'ont pas vraiment accroché, et pourtant je les ai lu avec avidité, sans m'ennuyer, même si à mon sens, il ne se passait pas grand chose.
Et puis, je me suis laissée porter doucement.
Si bien que finalement, j'ai acheté les deux premiers titres de la série : Le chat qui lisait à l'envers et Le chat qui mangeait de la laine, parce que je me trouvais bien dans cet univers et je risque d'en rattraper un ou deux, deci-delà, pour me distraire.

Ce ne sont pas des grands livres, ça ne vous transporte pas, ça vous fait rire parfois, mais on est très loin du génie d'Agatha Christie, néanmoins, ça détend, c'est divertissant, et je les ai chacun lu en moins de 48heures, malgré mes journées de boulot bien chargées.

Donc je vous les conseille si vous avez un trajet en train à faire, du temps à perdre dans des files d'attentes etc. etc. ça repose, ça ne demande pas de réfléchir beaucoup, et les bêtises et frasques de ce chat extraordinaire qu'est Koko sont très drôles et m'ont rappelé à quel point un chat me manquait.

vendredi 11 février 2011

De bons Présages - Neil GAIMAN et Terry PRATCHETT


De bons présages, voilà qui présage quelque chose de bon, d'agréable, non? En effet, si vous lisez les différentes critiques qui sévissent sur la Toile, vous verrez qu'énormément de gens ont adorés ce livre.
Bon ok, il faut admettre que les deux auteurs, stars intégrales l'un comme l'autre (enfin dans mon petit monde de Borrowers branché fantastico-fantasy) sont loin d'être des débutants et ont tous les deux un succès important! Du coup, quand on réuni les deux, les fans se réjouissent, essaient de déterminer quelle tendance perce le plus Gaiman ou Pratchett. Pour ma part, je ne les ai pas assez lu l'un et l'autre pour trancher. Le vendeur Geek de la fnac prétend que c'est davantage du Gaiman.
Ce que je sais en revanche, c'est que j'avais déjà eu beaucoup de plaisir à la lire, il y a longtemps, genre au lycée ( ce qui fait bien 8 ou 9 ans maintenant), et que je me suis de nouveau régalée cette fois ci.

Nous voilà embarqués dans l'Apocalypse (rien que ça), derrière les 4 motards de l'Apocalypse justement, d'un Antéchrist qui n'est pas au parfum, d'un ange et d'un démon qui sont depuis tant de temps sur terre qu'ils rechignent un peu (beaucoup) à la voir se détruire et à renoncer à leurs petits plaisirs terrestres : la Bentley, les lunettes de soleil, la librairie...
Eux qui vivaient si bien en harmonie l'un avec l'autre sur terre depuis la création ( et oui, Rampa était le serpent qui poussa Eve a croquer dans cette fichue pomme). Au départ, c'était plutôt un compromis qu'une harmonie, et puis vous savez ce que c'est, on fini par s'attacher même à un démon/ange.

Le roman est drôle, pas à mourir de rire, mais vraiment, des tas de trouvailles régalent. Il y a un côté " sept jours pour une éternité" en beaucoup, mais alors beaucoup moins fade (navrée pour ceux qui l'on aimé, moi j'ai pas pu le finir! c'était pourtant très prometteur). Mais voilà, j'aime les méchants méchants, et pas ceux qui se changent en guimauve au bout de trois chapitres! Et Rampa (notre démon chic), même s'il est un méchant gentil au fond (mais très au fond) garde toujours des réflexes de démons! Azariphale, l'ange, lui aussi est parfois un peu tenté par l'autre côté de la force malgré ses réflexes de toujours faire le bien (parfois trop).
Bref, les personnages sont attachants parce qu'ils ne sont pas trop caricaturaux et qu'on ne peut pas trop prévoir quelle va être leur prochaine réaction!!
J'avoue n'avoir pas toujours tout compris des envolées fantastico-fantasques des auteurs, mais ça n'a pas gâché mon plaisir!

dimanche 6 février 2011

Toute passion abolie - Vita SACKVILLE-WEST


Deuxième livre de la série illustrée par Christian Lacroix, acheté il faut bien le dire pour cette belle couverture.
Et pas déçue du tout ni de l'avoir acheté ( c'est une bonne chose!) ni de l'avoir lu ( ce qui est une très bonne chose!)

Toute passion abolie raconte une fin d'histoire, une fin de vie, une fin de vie heureuse contrairement à ce qu'avait été la dite vie.
Encore que c'était une belle vie. Une femme d'ambassadeur ou presque, la femme du vice roi des Indes, du premier ministre de l'Angleterre. Une vie de faste, de chasses au tigre et de devoirs envers la couronne, le pays et tutti quanti!

Au début du livre la grande dame, Milady, perd son Grand Ministre de mari, et ses enfants s'organisent pour s'occuper d'elle, pour la "garder" à tour de rôle. Que nenni, la voilà presque libre, pas que son époux l'ai rendue prisonnière, mais libre quand même, libre pour quelques années au mieux, quelques mois plus vraisemblablement.
Quelques temps dira t'on diplomatiquement. Quelques temps où elle vivra à son rythme, sans se préoccuper de ses arrivistes de mômes, loin des réceptions, du faste, juste comme une vieille dame, une vieille dame qui a mérité de se reposer.

Des longues siestes où elle revient sur sa vie. Sur ce qu'elle aurait pu être. Malgré tout, elle ne regrette rien, ni sa vie, ni son mari qu'elle aimait. Elle est sereine, même si elle se souvient, elle se questionne, rêve.
Elle se lie d'amitié avec de vieux bonhommes, qui sont exactement ça : des bonhommes, des bons hommes, des hommes bons, de simples bons vieillards, sans chichi, elle accepte de n'être plus Milady, elle est ravie même. Elle ne veut plus que du Madame éventuellement, Grand mère, grand mère qui coule ses derniers jours heureux sans rendre de compte à personne, et même au passage en "emmerdant" un peu ses enfants. Parce qu'ils ont tout vu, tout entendu, tout décider, et que ça suffit.

C'est beau, c'est profond mais léger, poétique, touchant.
J'ai aimé vivre dans la tête de cette belle vieille grande dame, qui (re)trouve l'amour à 88ans, qui fait un bilan sans fard, sans se mentir, avec quelques regrets mais sans amertume.

samedi 29 janvier 2011

Firmin - Sam SAVAGE

Le voilà le petit Firmin, dont les moustaches s'étaient déjà montrée dans ma liste de Noël.

L'autobiographie d'un grignoteur de livre, l'histoire d'un petit rat chétif, qui en plus de dévorer les livres au sens propre, tombe dans la passion littéraire, la passion du bon mot, de la bonne première phrase et lit tout ce qui est lisible dans son très très bas monde.
C'est Elodie Fondacci en le commentant sur Radio Classique qui m'en avait donné envie.
A son écoute, j'avais entrevu un roman charmant, sur un petit rat choupinet en mal de culture.
En terme de rat, contrat rempli, en terme de rat choupinet, c'est un autre histoire et il m'a fallu admettre que si attachant qu'il puisse être, Firmin n'était pas charmant, pas tellement. Pas méchant, pas vulgaire non plus, juste normal, enfin normal, autant qu'on peut l'être quand on est un rat, né dans une librairie d'une mère alcoolique, et qu'on sait lire. Du coup, il méprise parfois sa fratrie, souvent en fait, il rêve d'être Fred Astaire, et rêve de "mignonnes", plus humaines que ratte!

C'est un roman très inattendu, et pourtant je l'avais attendu aussi celui-là, qui ne correspond pas tellement à ce que j'avais imaginé; ce qui m'a laissé perplexe une bonne cinquantaine de pages malgré qu'il me plaisait.
J'ai ris, pas pleuré (parce que ceux qui me connaissent en vrai savent que je n'ai pas de coeur) mais il y a des jolis moments, émouvants.
Si Firmin n'est pas aussi charmant que je me l'imaginais (avec un côté roman pour enfant, un côté mignonnet gnangnan, j'avoue) il est attachant, bien écrit, même si il faut se familiariser avec le style un peu étrange de l'auteur. Alors, pour passer un petit (bah il n'est pas bien épais) moment agréable, drôle et il faut avouer très surprenant, je vous le conseille

(PS. Comme quoi c'est précisément ce dont je parlais dans le billet précédent : il ne faut pas fantasmer un livre, on est toujours un peu déçu , sauf dans le cas du livre du billet précédent justement!!!!!)

(PS 2. Il va falloir que me décide à lire mes livres d'école plus que des romans maintenant! Même si je sais d'avance que je vais faillir souvent, il faut que je sois forte! et comme je ne suis pas certaine que vous soyez tellement intéressés par mes avis sur Jean-Claude-Nicolas Forestier, sur l'exposition ibéro-américaine de 1929 ou encore sur la typologie des jardins arabo-andalous, je vais venir moins souvent)



mercredi 19 janvier 2011

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann SHAFFER et Annie BARROWS


Quel titre improbable!
Si le but est d'intriguer pour qu'un lecteur en quête de loufoqueries spirituelles (dans mon genre), c'est très réussi!
Ce titre m'a tapé dans l'œil direct fourchette!
Et puis bon, un livre pas en poche, surtout quand on est pas certain de l'aimer, ça reste assez cher, et du coup, j'ai repoussé, sachant pertinemment que lui et moi, on se rencontrerait un jour.
Ce jour est arrivé, vendredi dernier, parce que ENFIN il est sortit en poche et que pour 8 euros et des brouettes, je pouvais bien m'offrir ce petit plaisir tant attendu!

Un doute subsiste cependant. Le succès fou qu'a eu ce bouquin, toutes ces merveilleuses critiques, des gens comblés, enchantés, et bien plus encore. Et voilà, et si j'étais déçue? Une telle attente, une telle envie, un titre tellement prometteur, et si jamais, finalement, le livre n'était pas à la hauteur!? D'ailleurs, c'est à cause de cette attente/ envie qu'on est déçu, par qu'on se fantasme un peu le truc!
ça m'est arrivé souvent, alors c'est avec une certain appréhension que je l'ai ouvert.

C'est un roman épistolaire, un peu inhabituel. Mais on s'y fait vite, et on s'aperçoit que les lettres racontent parfaitement l'histoire (essayez de faire ça avec des textos, et on en reparle!), qu'on repère vite qui est qui.
L'histoire se passe entre Londres et Guernesey, une des îles anglo-normandes qui bordent la côte française. L'héroïne, Juliet est un phénomène d'édition de l'époque (nous sommes en 1946), et elle tourne de librairie en librairie pour faire la promo de son livre et éventuellement, de temps en temps pour lancer des théières sur des journalistes goujats. Elle reçoit une lettre, un jour, d'un habitant de Guernesey qui l'interroge sur un livre, et qui petit à petit en vient à lui parler de la vie de l'île lors de l'occupation allemande. S'instaure alors une correspondance prolixe entre Juliet et plusieurs habitants de l'île, tous de membres de ce fameux Cercle littéraire des amateurs de tourtes aux épluchures de patate.

Les personnages sont tous hauts en couleurs, attachants, et on se réjouit lorsque chacun prend la parole, chacun sur un registre différent, chacun avec ses manies, sa manière d'être.

Je dois dire que je fuis comme la peste tout ce qui parle de la période de la guerre. Je trouve qu'on en fait beaucoup et que c'est trop souvent un argument de vente. (Même si, ne vous méprenez pas, je crois qu'il faut en parler, ne jamais oublier) Enfin voilà, je ne suis pas du tout friande du roman de guerre, ou sur fond de guerre.
Probablement que si j'avais su avant de l'ouvrir que le thème principal était l'occupation allemande, j'aurai été moins enthousiaste. Fort heureusement, je n'avais pas tellement percuté!!

Heureusement parce que voilà un livre, qui lorsque je l'ai terminé, m'a laissé un sourire de smiley improbable et que j'ai eu envie d'acheter en 100 exemplaires pour l'offrir à tout le monde. Sujet difficile, sombre. Des témoignages piquants, surtout très vraisemblables, et malgré toute l'horreur "indissimulable", c'est le rire, le sourire, et une grande joie qui illustrent chaque lettre de ce roman. Il ne me quittera plus, je le garde tout près désormais, pour que dans chaque moment un peu sombre, il m'arrache un sourire, puis un rire et que revienne cette sensation délicieuse de soleil intérieur qu'il a déclenché chez moi.

Bon, j'espérais que ce serait le livre de ma semaine, je l'ai finalement avalé en 24h alors même que j'ai fait une journée normal au boulot (si si!!)
Mais le style de lettres successives est très facile à lire, et donne un rythme très rapide!
J'ai donc décidé de le relire, pour m'occuper d'ici à ce je trouve autre chose à me mettre sous la dent et puis surtout, parce que j'en ai envie!
Vous l'aurez compris (ou alors je mange ma main), j'ai adoré ce livre, qui est un trésor, un petit bijoux, un concentré de "charmant".

Je vous offre ma réplique préférée :
" Je voudrais vous faire un cadeau, vous sculpter quelque chose que vous aimez. Vous voulez une souris? Je suis bon en souris." d'Eli à Juliet

mardi 18 janvier 2011

Emma - Jane Austen


Classique des classiques. Un peu moins célèbre que ses acolytes Orgueil et Préjugés ou Raison et Sentiments, malgré de nombreuses adaptations cinématographiques (dont une avec Gwyneth Paltrow!), mais ça reste un des "Jane Austen" et par là donc, un des morceaux de littérature sur-reconnue.
C'est le premier livre que je lis de Jane Austen d'ailleurs, à l'exception de Pride and Prejudices (Orgueil et Préjugés, en anglais dans le texte!)
Constat numéro 1 : le volume en VO est nettement moins épais que le français. Le français s'écouterait-il un peu parler??

Constat numéro 2 : Cette sublime couverture dessinée par Christian Lacroix himself. C'est pour ça que je l'ai acheté d'ailleurs, au départ. Parce que c'est une édition limitée, et que les tranches des pages sont roses!! Cela dit, ça lui donne un petit côté précieux non négligeable, surtout pour un livre de poche. M.Lacroix a relooké d'autres livres aussi, dont Du côté de chez Swann, ou Alice au pays des merveilles, si ça vous dit!

Et sinon, ça raconte quoi ce bouquin?

C'est l'histoire d'une bourgade anglaise du début XVIIIe siècle (ce me semble!) tranquille, une petite paroisse où tout le monde se connait, où tout se sait!
Dans ce village, il a deux riches familles, avec de l'éducation, la famille d'Emma, les Woodhouse, et un grand propriétaire terrien, M.Knightley et aussi des gens plus normaux, du genre qui doivent travailler!
Le livre, à l'image des autres de Miss Austen, raconte leurs petits tracas, leurs histoires de réception, de mariage beaucoup et d'amitié. Comme toujours derrière un premier abord très superficiel, froufroutant et léger, l'auteur pose un regard intéressant sur ces sociétés anglaises, très fermées, sur la vie des demoiselles riches ou moins riches (je ne sais pas ce qui vaut le mieux d'ailleurs, être institutrice ou bien passer ses journées à boire du thé et à causer mariageries).

Le bouquin est très surprenant. Surprenant dans le sens où j'ai détesté cordialement le personnage principal pendant au moins 100 pages! Il faut avouer qu'elle est un chouille imbue de sa personne la demoiselle! Et puis finalement, si les histoires infériorité/supériorité des classes sociales de nos jours sont moindres, à cette époque on vous élevait comme ça!! Donc c'est pas tout à fait sa faute! Et puis bon, au fil des pages, on apprend à la connaître cette Emma, et à s'attacher à elle! Elle a des réactions qui résonnent bien en moi parce que les boulettes qu'elle fait, comment dire, ça peut m'arriver aussi. Donc, pour finir, j'laime bien.
En réalité, à l'image d'Elisabeth Bennet, Emma est une femme "moderne", elle joue au jeu de sa vie, mais elle pose sur tout ça un regard intelligent, et n'hésite pas à faire part de son avis, même à ces messieurs!!

Si vous avez aimé les deux opus cités au début, vous aimerez celui-ci, peut-être un peu moins, mais c'est de la même veine. On retrouve des personnages types d'ailleurs, la vieille qui parle tout le temps, le beau ténébreux, le dandy volage, la cocotte vulgaire....

Bref, une histoire d'amour, puisque c'est ça avant tout! Une belle histoire d'amour, avec des voitures à cheval, des chapeaux et des rubans.
Un bon moment!

(Si vous avez des idées de lectures, c'est avec plaisir, je commence à être à sec!)